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Catalogne: Fatigue électorale récompense l'indépendantisme

La Catalogne votait dimanche pour élire un nouveau parlement régional. Les indépendantistes ont renforcé leur majorité, mais les électeurs ont cette fois-ci primé les candidats les plus modérés.

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Les indépendantistes consolident leur majorité et pour la première fois obtiennent plus de 50% des suffrages.

Majorité des suffrages, faible participation

Car si depuis 10 ans, ils obtenaient la majorité parlementaire en nombre de sièges, grâce à un système électoral favorisant les zones rurales, ils dépassent enfin la barre des 50% des voix.

"Enfin", car c'était depuis de longues années un argument des unionistes et donc un objectif des indépendantistes: le projet sécessionniste n'avait pas l'assentiment de la majorité des Catalans. C'est maintenant chose faite.

Ce score doit toutefois être nuancé par une très faible participation. 53%, c'est la participation la plus faible depuis la fin de la dictature franquiste.

Et puis il faut aussi analyser les candidats arrivés en tête du scrutin.

Des positions modérées

Le socialiste Salvador Illa, opposé à l'indépendantisme, est celui qui a recueilli le plus de suffrages avec 23% des voix. C'est la première fois depuis plus de 20 ans que le parti socialiste arrive premier des élections catalanes.

Illa incarne un anti-indépendantisme modéré, favorable au dialogue et à une évolution de la place de la Catalogne en Espagne, sur un modèle fédéraliste par exemple. Il n'aura toutefois pas assez de soutiens au parlement pour pouvoir former un gouvernement.

En deuxième position, la gauche indépendantiste, qui incarne de son côté un indépendantisme modéré, prônant des négociations apaisées avec Madrid pour organiser un référendum d'autodétermination sur le long terme.

Là encore, c'est la voie du dialogue qui est préférée à celle de la confrontation prônée par le centre-droit de Carles Puigdemont. D'ailleurs, depuis 2017, Puigdemont devançait toujours la gauche indépendantiste dans les urnes et c'est donc ici un changement de stratégie qui est choisi par les électeurs.

L'électorat catalan, qu'il soit indépendantiste ou non, est fatigué des confrontations stériles.

Maintenant qu'est retombée l'émotion du référendum d'autodétermination interdit par Madrid durement réprimé par la police en 2017 puis des lourdes peines de prison prononcées en 2019 à l'encontre des leaders indépendantistes, il veut des solutions concrètes.

Fatigue électorale

Les socialistes, au pouvoir à Madrid, et la gauche indépendantiste avaient déjà montré depuis plusieurs mois leur volonté d'établir un dialogue.

Les uns taxés de traîtres à l'Espagne par les unionistes les plus radicaux, les autres de traîtres à la Catalogne. Mais les électeurs, eux, semblent y voir le début d'une solution dans un conflit territorial qui n'en finit plus.

Alors avec la majorité absolue au parlement catalan, les trois partis indépendantistes devraient pouvoir s'entendre et former un nouveau gouvernement avec à sa tête le candidat de la gauche indépendantiste Pere Aragonès.

À moins que Puigdemont n'y voie le risque de disparaître de la scène indépendantiste et choisisse de ne pas le soutenir. La gauche pourrait alors gouverner en minorité ou avec l'extrême-gauche indépendantiste CUP et En Comú Podem, opposée à l'indépendance mais favorable au droit à l'autodétermination.

Dans tous les cas, les négociations seront longues, et le nouveau président catalan ne sera sans doute pas investi avant des semaines, voire des mois.